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DESCRIPTION DU CHALAND

Restitution graphique préliminaire du chaland de Fontaine. DAO : Christian Paulou
Restitution graphique préliminaire du chaland de Fontaine. DAO : Christian Paulou

Nous n’en connaissons qu’une description littéraire : les plans effectués à l’époque ont été perdus depuis et les vestiges de l’épave n’ont pas été conservés. Cette description est assez détaillée pour permettre une reconstitution, en s’appuyant sur le texte, les traditions nautiques du bassin de la Somme, et ce que nous connaissons par ailleurs sur les exemplaires contemporains.

 

Il mesure 12 m de longueur pour une largeur de près de 3 m. Il est bâti presque exclusivement en chêne, conçu "sur sole", c'est-à-dire à fond plat, sans quille (au fond du bateau, pièce maîtresse de la charpente axiale de la coque). Cette conception architecturale, classique en milieu fluvial, lui permet de minimiser au maximum le tirant d’eau.

 

A la jonction du fond et des flancs, une planche en L forme à la fois la première planche du fond et le premier bordage (planche du revêtement de la coque). Elle est façonnée d’une pièce dans une grume de chêne (principe dérivé de l’architecture monoxyle des pirogues). Son rôle est de rigidifier le bateau et d’assurer la bonne étanchéité de la jonction fond/bordé. Il s’agit d’une méthode de construction, là encore classique — mais non exclusive —, du milieu fluvial. On nomme ce principe de construction : "monoxyle assemblé". 

 

La présence d’une seconde planche surmontant la précédente permet de surélever le bordé (environ 60 cm de hauteur en tout) et participe sans doute au système de maintien d’un plat-bord. Le tout est maintenu par des membrures (le "squelette" transversal du bateau), espacées de 30 à 40 cm.

 

La poupe est chargée d’une petite loge en planches de sapin. Ce dispositif était encore présent sur les bateaux fluviaux de la Somme au début XIXe siècle. On le qualifiait de "dunette". En arrière de cette dunette, un gouvernail axial à large pale est fixé au tableau arrière.

 

Un mât est disposé au 1/3 avant du bateau. Il repose sur une emplanture pratiquée sur une membrure plus massive que les autres. Au sommet des flancs, un banc réunissant les plat-bords assure son assise. Ce mât participe au système de propulsion du bateau en servant de point d’ancrage aux câbles de halage et de base pour l’établissement d’une voile éventuelle. Un système de clavette permet une dépose aisée du mât (franchissement des ponts et des câbles des bacs à traille). Lors des manœuvres, la propulsion est essentiellement assurée par des perches à embout ferré.